Éloge de la délicatesse

Il est environ 17h00 et le fond de la deuxième bouteille du déjeuner nous guette. D’ailleurs, c’est le seul inconvénient à la Villa Mas: les bouteilles s’enchaînent à la vitesse de la lumière qui reflète parfaitement l’azur de la mer à 25 mètres de nos Havaïanas et de nos verres Zalto légers comme l’air.

Sirotant allègrement, nous ne sommes pas les seuls à profiter d’une des plus belles carte des vins d’Europe: Lionel Gauby et Clotaire Michal, nos voisins, semblent avoir accumulé plus de flacons que nous en cette fin d’après-midi. Convivialité oblige, nous terminons le déjeuner pour mieux commencer l’apéro avec eux. La valse classique s’impose quand une carte des vins de cette ampleur est présentée à une ribambelle de personnages aussi amoureux du vin: les bouteilles déferlent et se retrouvent vite vides et en bonne compagnie.

Parfois on est juste au bon endroit au bon moment…

Lionel brandit soudain une bouteille et nous verse des verres successivement en déclarant “Ce vin n’existe pas“. En effet, c’est une production infime qu’il a baptisé “El Tuco” en l’honneur de son chien récemment décédé. C’est un moment un peu nostalgique mais beau.

L’homme assis à ma droite a un sourire timide et ému en goûtant “El Tuco”. Il évoque l’émotion, le sentiment, le ressenti et l’importance de ce qu’il y perçoit. Je le regarde avec tout l’émerveillement qu’il mérite. Cette première impression n’est que reconfirmée au fil des minutes et plus tard encore au restaurant étoilé qu’il a participé à hissé au rang du deuxième meilleur restaurant du monde selon le classement médiatisé de San Pellegrino (paru la journée avant notre repas).

La délicatesse de Josep Roca m’a profondément touchée. Il n’est pas toujours facile de rester sur la voie de la simplicité et de l’humilité. Parfois on est pressé, on a des rendez-vous, on oublie de prendre le temps d’écouter et de ressentir. On peut facilement s’éloigner de ce qui est important.

Credit: El Celler de Can Roca site web

Josep, lui, écoute attentivement afin de comprendre ce qui pourrait rendre heureux. Pour cela, bien sur, il faut du temps. Au Celler de Can Roca, ils en ont. Ils sont au-delà de vingt en salle et surement autant en cuisine. La valse est mesurée et paisible.

On le sent dès qu’on arrive: la conspiration du bonheur. C’est une séduction tranquille et calculée qui laisse toutefois place à la spontanéité. Chacun semble à l’aise dans cet environnement gentil et épuré ou faire plaisir et partager une cuisine inspirée, inspirante et étonnante donne vraiment, vraiment, vraiment envie d’y retourner. Et c’est exactement ce que je compte faire.

Restaurant Villa Mas.
San Feliu de Guixols (Girona)
Passeig San Pol 95
Téléphone 972 82 25 26

Gagnant: carte des vins incroyable à tous petits prix, produits frais du marché et de la pêche à Palamo, accueil connaisseur et sympathique, vue sur la mer imbattable.

El Celler de Can Roca
Can Suyer, 48
17007, Girona
Téléphone 972 222 157

Gagnant: menu exquis et étonnant, service attentionné et délicat, vins uniques et accords parfaits, décor paisible et comfortable.

More is more or L’Insoutenable gourmandise de l’être

When I first got to Paris, I went to have lunch at Chez l’Ami Jean with Aurélia Filion and Caroline Loiseleux, two of my friends and ex-colleagues of Club Chasse et Pêche. At the time, I hadn’t really experienced the Paris food scene and I was slightly shocked by the frenetic service and the abundance of the food.

I had no idea that this was going to become one of my favorite restaurant in Paris.

Every time I go out to eat in restaurants where the portions are too tiny for my insatiable appetite, I think of Stéphane. Mostly because I wish he would give those chefs a tip or two about “gourmandise” a word that, saddly, does not exist in the english language.

Anyway, since then, I have returned to l’Ami Jean again and again and I have never been disappointed.

Wendy Lyn and I were kidding the other day about the best technique to come out alive of a dinner at L’Ami Jean. She said that it’s better to have a good lunch, that way your stomach is expanded and prepared for what’s coming… I argued on starving myself for days to be able to make the room for all that food.

Now, thinking back, I do believe she was right.

This debate is a realistic one however when you decide to go for dinner at Stéphane’s.

This man does not know the meaning of “Less is more”. But in the departement of generosity and gourmandise, Stéphane is king. I suspect he may have learned a trick or two from mentor and friend Yves Candeborde.

Armed with your best prepared stomach (whatever method you pick), grab some foodie-friends or family who love to eat everything, aren’t anal about a little rock and roll service that gives the place all its charm, like to watch a chef in action, and aren’t afraid to make noise and endure it.

Tell the waitstaff that you want the chef to cook for you and get ready for the best ride of your life! You are about to enter the wonderful world of Jégo. It ain’t always pretty for iPhone pictures, but it’s always delicious and at the end of the day, that’s what really matters.

For the wine, I admit that this time I spotted a magnum of Philippe Pacalet’s Bourgogne Rouge  2010 and couldn’t pass up the opportunity since there is so little in Paris and I ran out of my stock at Frenchie a long time ago. In general however, it’s good to ask the staff what they think is tasting well.

Two magnums later, we polished off the riz au lait (absolute MUST: the best in Paris!) with Champagne Drappier Zéro Dosage.

All in all, eating (and drinking) at l’Ami Jean is a real treat. I don’t think I would inflict it on my stomach every week but I need my trimestrial fix.


if you dare